Première rencontre Evangéliques et Réformés: 3 avril 2006
Se connaitre pour refaire Famille et Association ensemble
AFP : Réunion du 3 avril 2006
VERSION FINALE DU 18 MARS
Lieu changé. 35/ 37 Rue Tournefort 75005 Paris - De 12h. précises à 15 H
OBJECTIFS de la RENCONTRE
Lieu changé. 35/ 37 Rue Tournefort 75005 Paris - De 12h. précises à 15 H
OBJECTIFS de la RENCONTRE
Compter, Définir, Programmer
Se connaître, faire connaître
I - L’irruption de « l’islam » et des » évangéliques » bouleverse la « question religieuse », en France comme dans le monde. Dans ce paysage bouleversé, l’inculture historique et religieuse de trop de responsables et d’abord des médias crée une situation dangereuse. Le temps est venu d’engager un effort serein pour définir et compter .
Tel est le premier objectif de la rencontre organisée entre évangéliques et réformés au sein des AFP
II - Face au murissement du « Mal français », évaluer les forces et faiblesses du mouvement familial, associatif protestant unissant évangéliques et réformés confronté
III Fonder sur ces analyses un projet d’engagements associatifs, familiaux privilégiant la mobilisation et le bénévolat sur la professionnalisation, le réseau sur l’institution, la transparence la et certification des politiques familiales et sociales effectuées sous statut associatif subventionné.
HISTORIQUE de la RENCONTRE
La première AFP d’initiative évangélique a vu le jour en 1997/98 en banlieue Parisienne à Evry. Depuis, le mouvement s’accélère : en moins de cinq ans, les évangéliques ont provoqué une croissance de 30% du nombre d’associations,un doublement des effectifs déclarés, sans doute un décuplement des effectifs militants. Pour tenir compte de cette heureuse évolution. Les AFP ont décidé de changer leurs statuts lors de leur prochaine assemblée de 2006.
Le moment est donc venu pour les « anciennes » et les « nouvelles » associations de s’accorder sur les origines, les causes, la nature, l’ampleur et les conséquences d’un phénomène qui s’apparente à l’un de ces « réveils » dont le protestantisme français est coutumier (1830,1920) chaque fois que les églises traditionnelles manquent à leur mission. Depuis 40 ans, l’hémorragie des fidèles, des bénévoles, des jeunes et du Peuple d’un côté et le Réveil de l’autre confirment et l’analyse et l’expérience.
PARTICIPANTS
- Gilles Blanc. AFP Chambery. Commissaire aux comptes.
- Jean Hugues Carbonnier. Avocat. Vice Président des AFP
- Samuel Charles. pasteur. Centre Missionnaire de Carhaix AFP
- Régis Debray. Auteur : politique, philosophie, médiologie, religion. « Dieu un itinéraire «
- Sébastien Fath. CNRS :« Les évangéliques. Du ghetto au réseau ».Labor et Fides 2005
- Pierre de Felice AFP. ST Cloud. Trésorier des AFP
- Patrick Giovanoni « Parti Républicain chrétien »
- Daniel Humbert AFP administrateur AFP. Mens . Marseille
- PP Kaltenbach PDT des AFP
- Zair Kedadouche. .Entreprendre Ensemble .; auteur de » Zair Le Gaulois »,
- Hervé Emmanuel N ‘ Kom . Financier. Délégué des AFP aux églises ethniques
- Armand Laferrere. AFP.Trésorier de l’Armée du Salut .
- Brigite de Larambergue Conseillère Nationale AFP Lyon
- Stéphane Lauzet. Secrétaire Général Alliance Evangélique. Nimes.
- Aurore Leprince : AFP Saint Cloud
- Daniel Liechti Vpdt Fédération Evangélique « Les églises évangéliques en France ».
- Michel Malaverde Pasteur pentecôtiste Clamart
- Franck Meyer Maire Pétition de 11.000 maires sur mariage et homo parentalité. Sottevile sous Val
- Serge Oberkampf. Pasteur ERF. Luxembourg - Pentemont. Administrateur des AFP,
- Angelo Pace Lyon OPAC Evangélique
- Roland Reboul AFP .ST Etienne administrateur des AFP.
- Jean Pierre Riche Fédération Eglises du Plein Evangile Moselle
- Daniel Rivaud agence de presse CPDH Strasbourg. CPDH
- Michel Rives. Trésorier Adjoint des AFP.
- Samuel Rodrigues.. Pasteur évangélique. Montreuil Sous Bois. ( Dossier J.P.Brard)
- Claude Wendling Secrétaire Nationale des Afp ; Castelnaudary ;
Marcel Gauchet . Revue Le Débat, J.R. Bruandet AFP Besançon, Jacques Valluis .AFP avocat. J.M. Potenti AFP Auch Responsable évangélique et FPF . AFP
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CONTEXTE de la RENCONTRE
OPINIONS CONCORDANTES DE DEUX EXPERTS. S. FATH et O.VALLET
S. Fath Lire aussi son entretien dans le Monde 23 Décembre sur site AFP
Objet : TB dossier
Date : mercredi 8 février 2006 2:52
De : Sébastien FATH (CNRS) <faths@wanadoo.fr>
À : Pierre Patrick Kaltenbach <ppkafp@club-internet.fr>
Un dernier mot,
En partance pour Lyon, je viens de prendre connaissance en détail de
votre dossier de réflexion, et je vous félicite pour l'acuité de
votre analyse.
En tant que chercheur, je ne pourrais me permettre la liberté de ton
du militant, mais je trouve que pour l'essentiel, vous décrivez très
bien les impasses de la situation présente, ainsi que "l'avenue"
ouverte aux protestants évangéliques sur le créneau de la famille.
J'aime beaucoup aussi votre analyse générationnelle : cela manque, et
c'est un élément explicatif majeur (à noter qu'Arnaud Baubérot, dans
un article que vous devez connaître, avait eu le courage il y a qqs
années de situer aussi la réflexion sur ce terrain -"Le
protestantisme malade de sa jeunesse"-).
Bref, je me réjouis des discussions à venir. Fraternellement,
Sébastien Fath
ODON VALLET
Suite à l’émission de M6, l’intervention d’Odon Vallet, historien des religions
http://www.topchretien.com/topinfo/affiche_info_v2.php?Id=10403
Les réactions du monde évangélique prolifèrent pour le meilleur et pour le pire depuis la diffusion dimanche dernier de l’émission « Enquête Exclusive » sur M6. Le reportage intitulé « la croisade des évangélistes américains » a abordé un certain nombre de thèmes avec l’intervention d’Odon Vallet, historien des religions. En dépit de la polémique déclenchée, son discours sur la division fait figure d’une véritable exhortation de prime importance pour les églises.
Les questions du présentateur Bernard de la Villardière n’ont pas apporté une quelconque touche d’originalité. Elles ont évoqué les thèmes récurrents de la morale, du succès croissant de ces nouvelles églises, des conversions en masse, de la confrontation avec l’islamisme, et de la «menace» jusqu’au point de s’interroger sur l’existence ou non d’un «complot planétaire». Les temples évangéliques représentent-ils alors un danger mondial? Odon Vallet est catégorique: «Non, il n'y a pas de complot planétaire! Ces églises qui sont la force montante chrétienne aujourd’hui, sont simplement organisées en réseaux, avec des capitaux américains et des moyens de prédication importants». Le mouvement évangélique est effectivement celui qui connaît la plus grande croissance à l’heure actuelle. Sur le seul territoire français, un protestant sur deux appartient désormais à l’une de ces nouvelles églises. En comptabilisant les églises ethniques, ces nouveaux croyants confessants et «fous de Jésus» comme les médias aiment à le rappeler ostensiblement, sont près de 450.000 dans l’Hexagone.
«Leur force, c’est leur souplesse. Leur fragilité, c’est leurs divisions»
De nouvelles églises apparaissent régulièrement, d’autres disparaissent parfois aussi rapidement. Odon Vallet pense que les églises évangéliques «sont un peu comme notre monde contemporain, elles sont dans le règne de l’éphémère. Elles sont bien à l’image de notre monde de nouvelles technologies. En outre, elles n’ont pas la lourdeur et les rides des églises protestantes (traditionnelles) et catholiques, elles ne sont pas hiérarchiques, mais constituées en réseaux». Le regard affûté, cet historien décèle qualités et défauts de ces nouvelles églises. «Leur force, c’est leur souplesse. Leur fragilité, c’est leurs divisions», relate-t-il.
Les chrétiens évangéliques sauront-ils percevoir ce constat réaliste comme une exhortation afin de travailler plus efficacement à l’avancement du royaume de Dieu? La clef d’un impact plus puissant encore dans la société française se trouve bien dans ces propos, car la souplesse fusionnée à l’unité produirait un résultat explosif à n’en point douter. Une véritable arme de destruction massive contre les forteresses du diable!
Enfin, d’autres atouts de ces églises ne doivent pas être négligés par les responsables. La vie, la jeunesse et le caractère festif sont autant de points positifs qui expliquent le succès des églises protestantes évangéliques.
Dans une société qui développe une culture de mort et qui encourage l’individualisme, l’amour fraternel et la joie déployée par les fidèles dans les cultes et autres réunions de semaines agissent comme des aimants qui attirent les âmes desséchées et perdues. Odon Vallet l’a constaté lorsqu’il explique que «l’aspect festif est indubitablement l’une des raisons du succès. De plus, ces églises ont l’avantage d’être jeunes contrairement aux églises protestantes ou catholiques qui ont beaucoup de cheveux blancs dans leur assistance»Les chrétiens évangéliques sauront-ils percevoir ce constat réaliste comme une exhortation afin de travailler plus efficacement à l’avancement du royaume de Dieu? La clef d’un impact plus puissant encore dans la société française se trouve bien dans ces propos, car la souplesse fusionnée à l’unité produirait un résultat explosif à n’en point douter. Une véritable arme de destruction massive contre les forteresses du diable!
Enfin, d’autres atouts de ces églises ne doivent pas être négligés par les responsables. La vie, la jeunesse et le caractère festif sont autant de points positifs qui expliquent le succès des églises protestantes évangéliques.
.
Les églises arriveront-elles à relever le défi de rallumer constamment la flamme olympique qui brûle dans le cœur de cette jeunesse bouillante pour le Seigneur? Le danger est de se voir trop beau, car «elles pourraient aussi vieillir», prévient Odon Vallet, «mais pour l’instant, les évangéliques sont jeunes, ils sont colorés car il y a des Africains, des Antillais, des Hispaniques, des Européens, des Asiatiques… Et incontestablement, leurs offices sont plus rythmés et plus spontanés».
++++
QUATRE CHANTIERS
I
Définir et compter
I
Définir et compter
L’irruption de « l’islam » et des » évangéliques » bouleverse la « question religieuse », en France comme dans le monde. Dans ce paysage bouleversé l’inculture historique et religieuse qui caractérise trop de responsables et d’abord les médias crée une situation dangereuse à force d’incohérences. Le temps est venu d’engager un effort serein pour définir et compter . Tel est le premier objectif de la rencontre organisée entre évangéliques et réformés au sein AFP.
Proposition
Engager la démarche bénévole décentralisée d’évaluation ville par ville, d’abord celles de 100.000 habitants et plus, d’abord dans les zones notées comme de forte implantation par l’annuaire évangélique, ensuite en zones de tradition protestante. Centraliser les résultats dans un Observatoire Bénévole des Réalités Religieuses .
L’objectif serait d’obtenir un débat public expert sur les chiffres. Ce résultat obtenu, l’Observatoire disparaîtrait
A DENOMBRER. Combien-sont- ils ? L’épineux problème des nourissons !
Obstacles et réticences sont multiples.
- Inculture religieuse des statisticiens, sociologues médias, responsables politiques etc
- Souvenir du fichier juif.
- Refus des églises traditionnelles face à une opération susceptible de révéler la faiblesse de leur représentativité.
- Hostilité de la « Génération morale » aux affaires depuis 1980 pour qui il est interdit de définir car définir ce serait stigmatiser, culpabiliser, exclure, et il est interdit de compter car toute évaluation révélerait la faible efficience sociale et démocratique de ses dépenses.
Deux exemples spectaculaires des effets de ces blocages ? Le slogan ressassé sans source ni preuve: « Islam seconde religion de France ; 5 à 6 millions de musulmans ! ». Le préjugé anti évangélique : « La secte Bush à l‘assaut de l’exception française ! ».
Synthèse de la » pensée » médiatique française
2000-2005 à l’issue de la double commémoration
du centenaire des lois de 1901 et 1905
`
Concernant l'islam ?2000-2005 à l’issue de la double commémoration
du centenaire des lois de 1901 et 1905
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Point n'est besoin de citations tant la cause est entendue. Depuis bientôt quinze ans toutes les autorités sans exception (politiques, religieuses, universitaires, morales, médiatiques etc ...) répètent leur slogan : "L'Islam ! Seconde religion de France; 5/6 millions de musulmans". Jamais la moindre preuve, jamais la moindre source ! Asséner ainsi des chiffres faux et un concept faux ne semble gêner personne et relève pourtant du terrorisme intellectuel et médiatique. Ainsi vont sociologues permanents "experts" en "mouvement social", et autres « acteurs de terrain », ils n'ont rien vu venir, ni le terrorisme, ni le Voile, ni l'incendie des banlieues.
Concernant le réveil évangélique ?
Le rappel des titres éclaire ce même conformisme médiatique de façon caricaturale.Les journalistes en sont à s’échanger les titres !
- Mariane 23 mars 2003 . « La secte Bush attaque."
- Le Nouvel Observateur - 26 février au 3 mars 2004 (9 pages) « Les évangéliques - La secte qui veut conquérir le monde ».
- E . Plennel « Au vif : Bush, Dieu et les valeurs morales »Le Monde | 12.11.04 | 08h20 "Pour Philippe Pétain et son "Travail, Famille, Patrie", nous connaissons la suite. Pour George Bush ? )
- Propos recueillis par Cécilia Gabizon) Courrier International – 2 au 8 décembre 2004 – (8 pages). « Fous de Jésus. Les évangéliques à la conquête du monde »
- France Culture Emission du mercredi 7 décembre 2005.Jean Lebrun reçoit PP. Kaltenbach: « Les évangéliques à l’assaut de la laïcité ».
- Henri Tincq.Le Monde | 23.12.05. « Les évangéliques, fous de Jésus »
- Observateur décembre 2005 . Dossier spécial décembre 2005, 83 pages « Les évangélistes à l’assaut de la société américaine ».
- « Enquête exclusive,de Villardière. » France : la croisade des évangélistes américains ». le 12 février sur M6
- Jeudi 2 mars 2006 à 19h00 Au Café des Phares, 7 place de la bastille, Métro: Bastille
La synthèse de ce florilège imbécile mérite dérision en forme de pastiche:
« La secte Busch à l’assaut de la seconde religion de France ? »
« La secte Busch à l’assaut de la seconde religion de France ? »
Dans le climat actuel fait de tensions et de violence ( Terrorisme, Moyen Orient, banlieues, caricatures danoises, Ilian Halim.) des progrés sont donc non seulement possibles mais idispensables. Des indicateurs existent qui permettront de progresser en tâtonnant. Au reste, le refus de définir et de compter rend le relativisme familial, communautaire et culturel intenable. Tout doit être fait pour calmer le jeu ce qui implique de sortir du flou entretenu par idéologie ou routine.
L’église réformée de France publie annuellement ses comptes et ses effectifs ; 44.000 foyers cotisants nominatifs mais toutes ses publications reprises par les medias font état de 350.000 membres soit un coefficient 4 . Le dernier sondage IFOP 2004 fait état de 2,2% d’adultes se déclarant protestants soit 920.000 adultes. Le responsable de l’annuaire évangélique Daniel Leichti fait état de 1850 églises en 2003 ( contre 383 réformées ).
Le ministère de l’Intérieur -qui s’y refuse actuellement - pourrait donner les effectifs concordataires justifiant l’aide du contribuable de l’intérieur. Enfin Sébastien Fath chercheur au CNRS multiplie les études depuis 20 ans et donne le chiffre de 400.000 évangéliques. Sans préciser s’il s’agit d’adultes seulement, il fait état de coefficients variant de 1,5 à 3 selon les églises.
C’est l’épineux problème des nourisssons. Quant aux musulmans les ordre de grandeur raisonnables sont de 200.000 à 250.000 adultes pratiquants. (CF articles sur le site des AFP ).Que nul ne se trompe, il ne ‘agit pas d’une course à la place supposée prestigeuse de « seconde religion de France » ( l’église catholique fait état de1. 300.000 cotisants). Il s’agit de sortir d’un état de confusion propice à la violence, tout comme Babel .
L’église réformée de France publie annuellement ses comptes et ses effectifs ; 44.000 foyers cotisants nominatifs mais toutes ses publications reprises par les medias font état de 350.000 membres soit un coefficient 4 . Le dernier sondage IFOP 2004 fait état de 2,2% d’adultes se déclarant protestants soit 920.000 adultes. Le responsable de l’annuaire évangélique Daniel Leichti fait état de 1850 églises en 2003 ( contre 383 réformées ).
Le ministère de l’Intérieur -qui s’y refuse actuellement - pourrait donner les effectifs concordataires justifiant l’aide du contribuable de l’intérieur. Enfin Sébastien Fath chercheur au CNRS multiplie les études depuis 20 ans et donne le chiffre de 400.000 évangéliques. Sans préciser s’il s’agit d’adultes seulement, il fait état de coefficients variant de 1,5 à 3 selon les églises.
C’est l’épineux problème des nourisssons. Quant aux musulmans les ordre de grandeur raisonnables sont de 200.000 à 250.000 adultes pratiquants. (CF articles sur le site des AFP ).Que nul ne se trompe, il ne ‘agit pas d’une course à la place supposée prestigeuse de « seconde religion de France » ( l’église catholique fait état de1. 300.000 cotisants). Il s’agit de sortir d’un état de confusion propice à la violence, tout comme Babel .
Proposition pratique
Chacun (et surtout les élus locaux) comprend les raisons pour lesquelles sortir de l’opacité actuelle devient impératif et urgent. ( Islam en France, évolution du Concordat, financement des lieux de cultes, attribution des fréquences TV et autres avantages publics aux associations de 1901-1905). Les pouvoirs publics doivent à cette fin réunir les compétences publiques privées sans exclusive, sous la forme d’une commission type « Nationalité « .( Marceau Long en 1986) ou « Outrau », c’est à dire Télévisée, chargée d’imposer le débat. Les AFP continueront pour leur part à diffuser les données qu’elles parviendront à collecter.Le travail pourrait commencer par des initiatives locales ?
B DEFINIR et DISTINGUER
ANALYSE CONFESSIONNELLE et SOCIO-PROFESSIONNELLE
Multiples dénominations
Le monde évangélique défie toute synthèse mais peut sans doute se décrire en distinguant à gros traits deux grandes catégories, les « extrèmes » et le « centre ».
Parmi les « extrêmes », on peut distinguer les « Modernes » (Eglises ethniques, africaines, antillaises, asiatiques et tziganes) des « Historiques, » ( Darbystes, Adventistes, Frères, Mennonites)
Entre ces deux groupes d’«extrèmes », « le centre » réunit sans doute 80% des effectifs avec les Charismatiques, Pentecôtistes et Assemblés de Dieu, une fraction difficile à évaluer adhérant à la Fédération Protestante de France.
Lire à ce sujet l’interssante classificatio de S. Fath selon les fonctions de « Citadelle », « Sentinelle » et « Passerelle » .
Au vu de l’expérience acquise depuis 1998 la coopération entre les AFP réformées et les évangéliques du « centre » ne soulève, dans l’action, aucun problème insurmontable.Un œcuménisme de terrain est parfaitement possible qui pourrait même un jour déboucher sur les fameux Etats Généraux du Protestantisme engagés en 1984 par J.Ellul. de concert avec des Pentecôtistes
Géographie et sociologie
Aux zones traditionnelles du protestantisme s’ajoutent grandes villes et banlieues. La moitié des effectifs proviendrait d’un catholicisme lecteur de la Bible ( cf étude CNRS). L’âge moyen des assemblées évangéliques est « de visu » inférieur de 20 ans à celui des églises traditionnelles ou de l’UNAF (40 ans contre 60 ans). Les retraités y sont minoritaires. La sociologie professionnelle est sensiblement plus proche de celle de la société globale. En particulier la proportion d’agents publics ou salariés associatifs du secteur sanitaire, social, culturel ( secteur quaternaire) etc .. semble non majoritaire. ( CF enquête du CNRS à Mulhouse). Au total c’est une nouvelle génération du protestantisme qui se présente, en église comme en société.Et comme ce réveil s’est engagé au début des annés 70, on voit mal le rapport avec Bush qui tant excite les médias !
SPECIFICITES :
Qu’il s’agisse de valeurs, de priorités, d’état d’esprit ou de démarche, les évangéliques associent pleinement culture du Réveil et culture de Réforme.
«Valeurs et repères »
Les évangéliques font leurs les grandes affirmations de la Réforme : l’Ecriture, la Grâce et la Foi seules, sauf à souligner: la Bible, le Christ, la Conversion personnelle et l’Engagement militant. Pour moquer le dernier discours « tendance » des responsables réformés : chez les évangéliques, la logique de « l’Annonce » ( là où il n’y a pas de fidèles) loin de contredire la logique de la « Désserte » ( là où il y en a) , la nourrit .Au moment où des Régis Debray et Jacques Julliard plaident pour une religion civile « à la française », les évangéliques puisent la leur directement dans la Bible.
Priorités, état d’esprit et démarche
La Personne, la Famille, l’église comme association et communauté, la chaleur de l’appartenance, le réseau, les relations horizontales et locales proches plus que verticales et institutionnelles, l’entraide de type mutualiste….. Un fort investissement musical et choral lié au souci catéchétique de la jeunesse. Il est non moins significatif que les évangéliques commencent à présenter des réalisations intéressantes en matière de création d’écoles.Une évidente maîtrise des nouvelles techniques d’information et communication ( NTCI ) WEB ; édition et agences de presse. Un retour à la Mission dans les zones francophones, Madagascar, Afrique noire, Maghreb dont Kabylie et une forte ouverture internationale. Une fraternité particulière avec le Peuple Hébreux.
On retrouve les traits spécifiques du protestantisme originel « à la française » tel que produit par la persécution : une église familiale, associative et laïque fondée sur le régime prebytero-synodal ( tempéré par le désordre et les divisions) et le principe du sacerdoce universel ( tempéré par la tendance « gourou » de certains pasteurs et couples). La faible place faite aux femmes par rapport aux réformés résulte sans doute du caractère actuellement entrepreneurial de leur réveil. ( Sur tous ces points, cf l’analyse de J. Michelet)
C TALENTS ET ATOUTS - DIFFERENCE UTILE
Leur importance est fonction de la crise intellectuelle et morale des professionnels des appareils et des institutions collectives. locales au sein d’une société fragilisée. Les effets du relativisme éducatif, familial et culturel comme l’inadéquation des politiques mises en œuvre localement sous statut pseudo associatif, pour en pallier les effets ouvrent un boulevard aux entreprises des évangéliques.( CF Gilles Lipovetsky, Odon Vallet. S. Fath )
Les désastres humains engendrés par les dislocations familiales, l’effondrement de l’Eduction Nationale comme de l’éducation populaire, la disparition des mouvements de jeunesse, la veulerie des médias notamment TV ( Le modèle « RFA » selon la formule de J.P.Portefait, le 16 septembre au Sénat, soit , Ruquier Fogiel, Ardisson) accélèrent la destruction du tissus générationnel comme du tissus social. Cet affaissement a des effets particulièrement désastreux sur les personnes, familles et groupes les plus fragiles.
En la matière il est significatif que F.Meyer, maire de Sotteville sous Vals, 600 habitants, initiateur de la pétition contre le mariage homosexuel signée par 11.000 maires soit petit fils de pasteur pentecôtiste. On ne pouvait imaginer meilleure confirmation de l’analyse de de S ; Fath « Ils vont peser sur les sujets de société ». ( cf Le Monde 23 décembre 2005.)
Les désastres humains engendrés par les dislocations familiales, l’effondrement de l’Eduction Nationale comme de l’éducation populaire, la disparition des mouvements de jeunesse, la veulerie des médias notamment TV ( Le modèle « RFA » selon la formule de J.P.Portefait, le 16 septembre au Sénat, soit , Ruquier Fogiel, Ardisson) accélèrent la destruction du tissus générationnel comme du tissus social. Cet affaissement a des effets particulièrement désastreux sur les personnes, familles et groupes les plus fragiles.
En la matière il est significatif que F.Meyer, maire de Sotteville sous Vals, 600 habitants, initiateur de la pétition contre le mariage homosexuel signée par 11.000 maires soit petit fils de pasteur pentecôtiste. On ne pouvait imaginer meilleure confirmation de l’analyse de de S ; Fath « Ils vont peser sur les sujets de société ». ( cf Le Monde 23 décembre 2005.)
Dans le secteur public « Public » au sens large soit les ministères de l’ Education Nationale, Jeunesse et Sport, Culture, Sanitaire et Social. La Sécurité Sociale, les collectivités locales avec leur nébuleuse associative subventionnée de 1.500.000 salariés. Bref l'Etat Providence, quel état d'esprit prévaut depuis un quart de siècle ?
La préférence pour la politisation sur la transmission critique et la formation à la liberté responsable, la préférence pour la professionnalisation sur la mobilisation militante et populaire, le refus de toute évaluation sociale et financière, le refus de la certification des comptes, des effectifs et des résultats, entraînent et la critique et le rejet populaire de travailleurs sociaux fragilisés comme la suspicion des élus locaux.
L’action sociale des évangéliques devrait donc susciter dans un premier temps la vive hostilité des travailleurs sociaux sous statut associatif et de leurs sponsors alliés au sein des administrations d’Etat, des collectivité locales et des organismes de Sécurité Sociale.
En conséquence il est possible de prévoir sans risque que les évangéliques vont se trouver comme naturellement portés à demander et promouvoir une culture de certification associative, technique et financière telle qu’initiée par les AFP.( cf site le programme « Gouvernance et Certification « aussi l’OBRAL en Isère). Les évangéliques vont Réformer l’action et la politique associative familiale et sociale.
L’action sociale des évangéliques devrait donc susciter dans un premier temps la vive hostilité des travailleurs sociaux sous statut associatif et de leurs sponsors alliés au sein des administrations d’Etat, des collectivité locales et des organismes de Sécurité Sociale.
En conséquence il est possible de prévoir sans risque que les évangéliques vont se trouver comme naturellement portés à demander et promouvoir une culture de certification associative, technique et financière telle qu’initiée par les AFP.( cf site le programme « Gouvernance et Certification « aussi l’OBRAL en Isère). Les évangéliques vont Réformer l’action et la politique associative familiale et sociale.
II
L’APPORT des AFP REFORMEES
L’outil institutionnel, un réseau de compétences indépendantes et désintéressées , des savoir faire.
Outil institutionnel
Politiquement et juridiquement, l’institution Familialle ( AFP-UDAF –UNAF- offre aux nouveaux venus un cadre institutionnel local et national, ancien et reconnu par l’ordonnance de 1945 et la loi de 1975, les AFP ayant leur place de droit dans les conseils depuis 1945 comme l’un des plus anciens mouvements nationaux à but général ( Il y en a 7 au total.
Dans chaque département les AFP doivent déclarer nominativement leurs membres à l’UDAF du ressort ce qui vaut certification des effectifs. Cette obligation n’a d’égal que celle de la loi de 1905 pour les cultuelles. Dans chaque département, il peut se créer autant d’AFP que voulu. Au plan national deux autres obligations fédèrent les AFP : la Charte et la participation obligatoire à l’assemblée annuelle. (CF site). Localement les AFP peuvent escompter des UDAF quelques minces crédits de fonctionnement et de formation. Mais le sttaut d’associations familiales les met en bien meilleure position pour revendiquer une égalité de traitement par les administrations nationales et locales, et à cette fin, pour demander transparence et certification dans le cadre et avec l’appui du mouvement « AFP » national
Dans chaque département les AFP doivent déclarer nominativement leurs membres à l’UDAF du ressort ce qui vaut certification des effectifs. Cette obligation n’a d’égal que celle de la loi de 1905 pour les cultuelles. Dans chaque département, il peut se créer autant d’AFP que voulu. Au plan national deux autres obligations fédèrent les AFP : la Charte et la participation obligatoire à l’assemblée annuelle. (CF site). Localement les AFP peuvent escompter des UDAF quelques minces crédits de fonctionnement et de formation. Mais le sttaut d’associations familiales les met en bien meilleure position pour revendiquer une égalité de traitement par les administrations nationales et locales, et à cette fin, pour demander transparence et certification dans le cadre et avec l’appui du mouvement « AFP » national
Réseau
Au cours des 20 dernières années et notamment grâce aux colloques de Fontevraud qui - une fois tous les deux ans depuis 1984 - assurant les fonctions cumulées d’académie civile, de« think tank » et de Controverse, les AFP ont construit un réseau de personnalités compétentes indépendantes et désintéressées.
Dans bien des milieux et des lieux, en protestantisme et plus encore en dehors, la parole de ce réseau est considérée comme crédible. Même les plus acharnés des chasseurs de secte - y compris un Jean Pierre Brard- n’envisageront jamais de qualifier une AFP de secte.
Pour toutes ces raisons l’aval des AFP offre à eux qui en bénéficient une certification sociale et morale reconnue au plan national et local.
Ces raisons expliquent la réserve des AFP à l’endroit de tout engagement au sein ou au profit d’un parti politique comme en sont friands certains officiels et permanents réformés.En revanche ces mêmes raisons militent en faveur d’un engagement via les élections locales ; la transparence, la gouvernance et la certification ne sont ni de gauche ni de droite .
Dans bien des milieux et des lieux, en protestantisme et plus encore en dehors, la parole de ce réseau est considérée comme crédible. Même les plus acharnés des chasseurs de secte - y compris un Jean Pierre Brard- n’envisageront jamais de qualifier une AFP de secte.
Pour toutes ces raisons l’aval des AFP offre à eux qui en bénéficient une certification sociale et morale reconnue au plan national et local.
Ces raisons expliquent la réserve des AFP à l’endroit de tout engagement au sein ou au profit d’un parti politique comme en sont friands certains officiels et permanents réformés.En revanche ces mêmes raisons militent en faveur d’un engagement via les élections locales ; la transparence, la gouvernance et la certification ne sont ni de gauche ni de droite .
CHANTIERS ET DOSSIERS
PROPOSITIONS
PROPOSITIONS
- Associations de solidarité Familiales .( Mutuelles familiales financières (Armand Braun. Conférence de la Famille 2006
- Conférences Départementales de Certification. - Coopération AFP-CNAFAL dans les UDAF. - Guide pratique de contrôle des associations subventionnées
- Certification loi du 3 juin 1994 : expérience 1995-2005
- « Gouvernance et Certification ». Projet en cours AFNOR
- Coopération CNAFAL Belfort Colmar .
- OBRAL (Observatoires Bénévoles des Réalités associatives Locales ( Isère)
- Ecoles
- Comment créer une AFP-
- Aide à la création d’Unions Familiales Musulmanes. ( UFM/ expérience islam depuis 1986)
- La Cour des Comptes et l’UNAF
- Financement municipal de temples. ( Dossiers Montreuil et Vénissieux.)
- La transparence fait-elle partie ou non de l’intérêt général ? autant ou plus que le monopole ?
- Projet de réforme des statuts des AFP
Le prochain colloque des AFP : « Désenchantement du monde ou recherche de religion civile ? »
Réveil ? « Famille, Bénévolat et Certification » ?
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Annexe
CONSEIL NATIONAL DES EVANGÉLIQUES DE FRANCE
Première rencontre du Comité représentatif
Le mardi 25 novembre 2003, le comité représentatif du Conseil National des Évangéliques en France (CNEF) s'est réuni à Lognes pour une première séance de travail.
Composé d'une quinzaine de personnes, représentant 5 mouvances différentes des Églises évangéliques en France (AEF et FEF qui sont à son origine, Églises évangéliques membres de la FPF, Églises Pentecôtistes et charismatiques, Assemblées de Dieu), le comité représentatif du CNEF prépare les rencontres du CNEF et veille au suivi des décisions prises. En font partie à ce jour, Christian CAPRON, Alain DENIZOU et Michel FOREY au titre des Assemblées de Dieu, Dany HAMEAU, Daniel LIECHTI et Alain STAMP au titre de la Fédération Évangélique de France, Frédéric BAUDIN, Étienne GROSRENAUD et Bernard NUSSBAUMER au titre de l'Alliance Évangélique Française, Étienne LHERMENAULT et Antoine SCHLUCHTER au titre des Églises Évangéliques membres de la FPF, Jean-Claude NORTH, Jean-Marc POTENTI et Jean-Pierre RICHE au titre des Églises Pentecôtistes et charismatiques, Dominique FERRET et Stéphane LAUZET respectivement secrétaires généraux de la FEF et de l'AEF.
Le mardi 25 novembre 2003, le comité représentatif du Conseil National des Évangéliques en France (CNEF) s'est réuni à Lognes pour une première séance de travail.
Composé d'une quinzaine de personnes, représentant 5 mouvances différentes des Églises évangéliques en France (AEF et FEF qui sont à son origine, Églises évangéliques membres de la FPF, Églises Pentecôtistes et charismatiques, Assemblées de Dieu), le comité représentatif du CNEF prépare les rencontres du CNEF et veille au suivi des décisions prises. En font partie à ce jour, Christian CAPRON, Alain DENIZOU et Michel FOREY au titre des Assemblées de Dieu, Dany HAMEAU, Daniel LIECHTI et Alain STAMP au titre de la Fédération Évangélique de France, Frédéric BAUDIN, Étienne GROSRENAUD et Bernard NUSSBAUMER au titre de l'Alliance Évangélique Française, Étienne LHERMENAULT et Antoine SCHLUCHTER au titre des Églises Évangéliques membres de la FPF, Jean-Claude NORTH, Jean-Marc POTENTI et Jean-Pierre RICHE au titre des Églises Pentecôtistes et charismatiques, Dominique FERRET et Stéphane LAUZET respectivement secrétaires généraux de la FEF et de l'AEF.
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Christianisme: Pierre-Patrick Kaltenbach, un regard protestant perspicace sur les réalités françaises
(Documents Expériences)
date: 2006-03-09 | rapporteur d'info: nicolas
Chrétiens en politique
Relations avec les médias
Actualités des églises
Pierre-Patrick Kaltenbach est une figure bien connue du protestantisme, personnalité de premier plan intervenant dans de nombreuses instances du pays comme dans les médias. Enarque, Conseiller-Maître honoraire à la Cour des Comptes, ancien président de l'Institut National des Etudes démographiques et de Fonds d'action sociale, actuel président des Associations Famiˇliales Protestantes, et membre du Conseil National consultatif des Droits de l'Homme, sa longue expérience, la diversité de ses resˇponsabilités et sphères d'intervention, ses connaissances multiples, font de lui un observateur et un analyste de la société française au regard particulièrement perspicace et autorisé. C'est avec les plus grandes disponibilité et gentillesse qu'il nous a accueillis à son domicile parisien pour de longs échanges et un riche entretien, dont nous publions ci-dessous l'essentiel.
Comment analyseriez-vous, à grands traits, l'évolution générale de la société française au cours des dernières décennies ?
<< Comme Shakespeare le fait dire à Hamlet, « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume... » depuis le début des années 80, mais sans en accuser un bord politique plus qu'un autre. C'est une génération entière qui est en cause : celle qui, arrivée aux affaires à cette époque-là, s'est paradoxalement baptisée «Génération Morale».
Il faut prendre en compte ce qui la distingue des autres : celle qui a subi l'invasion allemande de 1940, celle de la «Grande boucherie» de 14-18, celle de l'Affaire Dreyfus et des lois de 1901 et 1905...
De la guerre elle n'a rien connu, même pas celle d'Algérie. De la reconstruction, elle a connu le confort mais pas l'effort. Surtout, ses classes d'âge de 800 000 enfants ont remplacé sans transition celles de 600 000 et son poids relatif s'en est trouvé accru d'autant, notamment dans le champ médiatique.
Trente ans après son avènement, ce qui la caractérise, c'est une exigence cumulée et contradictoire de libertés et de sécurités, de garanties et d'autonomie, d'individualisation des choix et de collectivisation de leurs conséquences. Cette contradiction ne compte pas pour peu dans le relativisme moral, social et politique actuel qui justifie le refus de juger - car « tout se vaut » - le refus de nommer, de définir - car « définir, c'est stigmatiser, culpabiliser, exclure » - le refus de chiffrer et compter -car « compter, c'est mettre en examen une légitimité et le bien-fondé d'une action, son efficacité au regard de son coût, comme la représentativité de ceux qui la demandent, en décident et en profitent. » Surtout, le fait de chiffrer permet de demander des comptes c'est-à-dire de rendre responsable. Ce double discours «moral» de libérations et d'égalité produit les deux nouveautés de la période : «Le Droit à » et l'irresponsabilité.Ceci aide à comprendre comment et pourquoi le système éducatif, scolaire et surtout universitaire actuel, lâche sur le « marché de la vie » des êtres jeunes, intellectuellemen inaptest et moralement désamés.
Tout cela ne pouvait que mener vers l'incivisme, l'effondrement de la démocratie, notamment financière, le déficit et la dette, le désespoir de nombreux jeunes.
Le dévoiement des Instituˇtions mettant fin à la séparation des pouvoirs et des intérêts a permis au «Mal français» de s'aggraver en deux décennies. Au point que le rapport Camdessus évoque le risque de décrochage irrattrapable.
Il y a longtemps que notre pays n'avait connu une situation aussi navrante. C’est de fracture morale et politique qu'il faut parler et non de déclin. Des historiens pourraient en parler mieux que moi, mais je pense que la crise des années 30, ou celle qui a précédé la fin de l'Ancien Régime, comme le temps des Valois étaient un peu similaires dans l'effondrement de la morale politique, et l'affaissement des «élites». Un mois avant la révolution de 1848, Tocqueville écrivait : « Le plus sûr moyen pour des hommes de perdre le pouvoir, c'est de se montrer indignes de l'exercer. Quant à François I°, exaspéré et indigné par le conservatisme buté des universitaires de l’époque ( La Sorbonne !) il a crée le Collège de France pour permettre à des non mandarins et à des étrangers d’enseigner : c’était en 1536 !!, 470 ans !
Que pensez-vous de la laïcité à la française ?
Je considère que notre pays, outre sa culture, a contribué à l'universel en deux domaines : l'idée de nation, et l'idée de laïcité, même s'il ne les a pas appliquées de façon satisfaisante, surtout en matière de laïcité.
S'agissant de l'idée de nation, après la défaite de 1870 Renan écrit : « La nation est un plébiscite de tous les instants »...
La France est un pays où non seulement, comme l'a écrit Emmanuel Lévinas : « L'attachement aux formes culturelles semble équivaloir l'attachement à la terre », mais un pays dont les plus hautes valeurs éthiques ou spirituelles sont proposées à l'adhésion consciente de ses membres au lieu d'être enracinées dans leur inconscient collectif. Je crois que c'est même le mérite de la France que d'avoir proposé au monde une théorie élective de la nation, et non une théorie ethnique ou organique.
Et je crois que les fanatiques de l'identité culturelle ne procèdent pas autrement que des racistes, même si le déterminisme dans lequel ils enferment les individus n'est plus génétique, mais plutôt historique et traditionnel.( Ces deux paragraphes sont extraits de la communication que nous fit Alain Finkielkraut devant la Commission Marceau Long sur la Nationalité en 1986.)
Etre français, c'est donc vouloir l'être, c'est l'alliance contre l'appartenance. C'est l'un des problèmes des populations jeunes issues de l'immigration.
La laïcité ? Aux origines, et deux siècles durant, est ce flot de haines religieuses, de feu, de fer et de sang, né de la St Barthélemy en 1572 poursuivi après la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685 et des Cévennes en Vendée, en 1790 avec la Constitution civile du clergé.
Les meilleurs des Français, et d'abord des catholiques sincères, ont réalisé qu'on ne pouvait pas imposer l'amour et la liberté à coups de sabre au nom du Christ. Et il a fallu deux siècles pour que l'idée perce l'épaisse carapace culturelle d'un peuple qui avait affirmé : « Un roi, une Foi, une Langue... ».Entre temps les massacres de Septembre comme la tuerie en Vendée ne furent pas dépourvus de tous liens avec la Saint Barthelemy.Il faut lire à ce sujet les travaux américains – donc neutres- sur les origines religieuses de la Révolution .
« Plus jamais cela ! Coupons le lien entre la religion catholique et l'Etat » C'est le sens de la loi de 1905. C'est le modèle américain de 1791 mais avec la hargne en prime. Surtout, il aurait fallu aller plus loin. Ne pas faire de ce progrès une arme de division, ne pas le cantonner à la seule question religieuse, mais au contraire imposer ce principe de séˇparation à tous les pouvoirs comme à quiconque se prévaut d'une quelconque transcendance pour en tirer des avantages sans contrôle. Tel est le modèle de laïcité politique des pays protestants. Nous en sommes restés à la laïcité religieuse et nos laïcards sont souvent plus cléricaux et sectaires que nos curés.
Le problème n’est-il pas, en France, que beaucoup ont de cette laïcité une conception «laïciste» ?
Sans doute, et en tout cas hargneuse, sectaire, quasi cléricale ! Et cela vient d'une vision hexagonale sommaire, inculte. Comment le reprocher aux Français quand on considère en ce domaine le niveau de réflexion de ce que l'on nomme un peu vite leurs élites, et ce qu'on leur enseigne à l'école ou qu'on leur dit à la télévision sur la religion !Ce climat explique pour partie le succés en librairie d’un Onfray
Voyez ce que l'on entend jusque dans nos églises, par exemeple, sur le thème de la «fraternité d'Abraham», sur l'air de «Nous sommes tous du Peuple du Livre»...
C'est une falsification dont les musulmans eux-mêmes ne veulent pas entendre parler : pour eux, le Coran n'est pas la Bible. Jacques Ellul l'a dit et redit.
Mais ceci étant, le discours réclamant que la foi soit cantonnée à la «sphère privée» est inepte. Qui pourrait empêcher la Bible de sortir des maisons, d'aller dans les rues, les marchés et les prisons ?
En revanche, nous devons repousser la tentation diabolique d'organiser le quartier ou la société, de contrôler la vie d'autrui, ou d'accepter que des religieux se mêlent de pouvoir, y compris en église. »
Les évangéliques (souvent appelés «évangélistes»...!) ont été récemment très attaqués, et le sont encore. Que pensez-vous de cette «campagne», notamment menée dans les médias? Où mène-t-elle, sur quoi peut-elle déboucher ?
Je viens de consacrer à cette campagne surréaliste un pamphlet intitulé : « La secte Bush à l'assaut de la seconde religion de France ». Les deux préjugés qu'évoque ce titre sont aussi ineptes l'un que l'autre, mais ils sont véhiculés par tous les médias !
Je partage sur ce point l'avis de Régis Debray : nous avons en France un énorme problème de médias, une «emprise», une concentration entre quelques mains et un conformisme extraordinaire, surtout à la TV. Dans les médias français, la parole libre et la controverse se font rares. La plus grande réforme en France, la plus urgente aussi serait d'inventer un contre-pouvoir aux médias. De ce point de vue le WEB est mieux qu'une promesse.
Face aux attaques médiatiques, les évangéliques ne doivent surtout pas tenter de répliquer sur un mode médiatique classique. C'est voué à l'échec. Il leur faut poursuivre leur route, forts de leur foi et de leur liˇberté, sans essayer de faire en sorte que les médias disent du bien d'eux. Puisse au contraire la Providence les vacciner contre l'obsession de visibilité, cette maladie de sépulcres blanchis, institutions vides.
Qu'ils communiquent eux-mêmes. Et surtout que leurs actions parlent. L'église n'a pas d'autre chemin pour retrouver une visibilité dévaluée par trop de concessions aux techniques de «com».
Sans sous-estimer les médiocres petitesses de certains sous-chefs de bureaux laïcards en matière d'agréments ou de subventions, il n'y a pas aujourd'hui de persécution. Ne prenons point la pose victimaire chère à ceux qui courent subvention, télévision et élection. Ou alors, demandons que la Saint-Barthélemy soit reconnue crime contre l'humanité !
En revanche, le phénomène «évangélique» comme celui de l'islam, en tant qu'événement nouveau dans l'histoire de notre pays, modifie son paysage religieux et suscite une incompréhension qu'il faut lever, par un débat public, ferme et fort, informé, raisonnable, cultivé, statistiquement fondé, avec une claire connaissance des effectifs humains et des grandeurs financières concernés.
L'on ne peut continuer à traiter des sujets aussi importants dans le désordre intellectuel qui prévaut depuis vingt ans. Médire des «évangéliques» est devenu une mode médiatique ; on se jette dessus pour se faire plaisir, avec tous les amalgames possiˇbles : La «secte Bush», l'impériaˇlisme américain, le sionisme, l'ultralibéralisme. Imbécillité de la part de ceux qui se prêtent à ce jeu ! Conformisme faussement passionné ! Rabâchage sans sources ni preuves véritables...». Nous allons donc engager nous même le travail de définition et de dénombrement, au sein des AFP, évangéliques et réformés ensemble en commençant par en bas.
Quel regard portez-nous sur le monde évangélique ?
Dans un «Monde désenchanté» (selon Marcel Gauchet), dans une France déchristianisée en mal de religion civile (selon Régis Debray et Jacques Julliard), ils risquent fort de créer la surprise. C’est l’opinion d’un Sébastien Fath et d’un Odon Vallet. En toute hypothèse, ils sont d'ores et déjà le réveil et l'avenir d'un mouvement associatif et familial dans les milieux issus de la Réforme. Au-delà du monde de la Réforme, ils vont sans doute peser lourd localement en termes de militantisme citoyen et social. Les élus locaux seront les premiers à s'en rendre compte si ce n'est déjà le cas. Et que personne ne parle de complot! Ils sont ingouvernables... Comme disait Burke, célèbre conservateur admonestant la Droite Anglaise fin XVIII° à propos des dissidents partis fonder l'Amérique en 1620 : Vous n’en viendrez jamais à bout !!ils sont les protestants du protestantisme !. »
Même s'il est difficile à appréhender de l'extérieur en raison de sa diversité, et de son développement récent et foisonnant (ils disent eux-mêmes que le décrire revient à manger son potage avec une fourchette), je pense qu'il est - à 20% près de ses effectifs - le pur héritier de la Réforme dont il incarne aujourd'hui le Réveil, tout comme en 1920 et 1830. Ceci se produit à chaque effondrement des églises officielles.
Je connaissais mal les évangéliques il y a seulement un an. La première Association Familiale Protestante évangélique date de 1997. Le véritable développement restera daté de 2004-2005. Et je reconnais qu'il est malaisé de comprendre qui est qui dans la diversité de leurs sensibilités et de leurs églises !
Entre les évangéliques déjà anciens en France, l'explosion des nouveaux depuis les années 70, les nouvelles églises ethniques (antillaises, asiatiques, etc.), la tradition du protestantisme européen et français, les pentecôtistes, les darbystes, les baptistes, les mennonites, les adventistes, la mission tzigane... le Français moyen, qui a perdu la foi mais qui est resté d'esprit catholique, s'y perd complètement.
Ce Français ne conçoit pas qu'il puisse exister quelque chose de bon en dehors du monopole : l'enseignant ne voit que par l'école unique ; le transport public ? monopole ; E.D.F ? monopole. C'est la traduction, dans l'organisation de la société d'une conviction française qu'il n'y a point de salut hors de Rome, hors de l'unité institutionnelle. C'est structurel et culturel. Son réflexe est de rejeter tout ce qui n'est pas monopolistique, surtout quand il a perdu toute culture, toute référence historique, toute connaissance des autres pays.
Il est donc difficile d'expliquer en France que la tradition du protestantisme est la diversité, le désordre apparent, que foisonnement et désordre sont dans l'essence et la logique de la Réforme qui vit de « réveils » successifs dans un climat d'internationalisme. Il y a beaucoup plus de protestants francophones hors de France qu’au sein de l’hexagone !
Ceci dit, il faut expliquer, mettre en place les dialogues, organiser les procédures qui permettront de savoir «qui est qui» et «qui fait quoi». Plus encore, il faut «pratiquer» localement, car on ne juge jamais l'arbre qu'à ses fruits.
Dans deux domaines tabous qui font actuellement problème, la Famille et la dépense publique au travers de l'Association subventionnée, les «évangéliques» semblent porteurs de valeurs et de forces qui répondent à de graves souffrances et contradictions de la société. Enfance, adolescence, éducation, décompositions familiales, solitudes, dépendance, effondrement de l'Etat Providence, corruption de l'idéal associatif, conformisme médiatique, etc.
Si cette prévision se révèle juste, les évangéliques, avec leurs priorités et leur démarche spécifiques , parce qu'ils répondront à une demande forte, vont rencontrer la société de demain, celle des nouvelles générations...
S. Fath ne croyait pas si bien dire en annonçant que les évangéliques vont peser sur les débats de société (le Monde du 23 décembre 2005).
Quelle évolution vous semble souhaitable dans la mentalité du peuple français et de ses gouvernants ? Et quelle prise de conscience serait nécessaire dans les médias, au sein du peuple, parmi les gouvernants ?
Je doute qu'une prise de conscience soit possible dans les médias : les Etats Généraux de 1789 ne pouvaient sortir de Versailles ni la Réforme du Vatican !...
C'est du Peuple militant, animé par des personnes qui veuillent bien «sortir de la tranchée», que peut venir le changement. Il faut que des chrétiens se saisissent de sujets déterminants parce que symboliques tels que l’homoparentalité ou la corruption associative, l'école ou les médias, autant de tabous, pour forcer la controverse, agir dans la vie de la cité, déranger les professionnels des institutions bloquées.
Surtout ne pas créer de partis politiques ni faire de la «politique» dans les églises. Il faut ville par ville, paroisse par paroisse, inventer des actes qui soient autant de grains de sable porteurs de signe au service de la gouvernance, de la transparence, de la participation, de la certification. Il ne faut pas faire «pour» les gens, à leur place... il faut les aider à «faire eux-mêmes». Soigner c'est bien ! Libérer c'est mieux !
La Réforme nous a donné une promesse de liberté et d'engagement - celle de la foi et de la grâce - qui nous rendent forts et heureux même face à cette situation sans issue apparente, qui va de séismes sociaux en séismes électoraux via l'incendie des banlieues.
Une modification de la législation vous paraît-elle nécessaire ?
Certainement pas. La meilleure façon de tuer une église, c'est de la payer à l'aveugle. Regardez le concordat «à fa française» en Alsace Moselle. De surcroît, j'estime impossible de financer le seul islam ; dans ce pays frénétiquement égalitaire, ce sera l'explosion. Résoudre les difficultés fiscales ? Oui ! Mettre le feu aux poudres ? Non ! C'est pourquoi je dis et répète que si l'on veut financer la construction de mosquées, il faut aussi financer celle de temples... Alors que je suis opposé à l'une comme à l'autre ! Mais cela ne m'a pas empêché de conclure un accord avec le député-maire de Montreuil, J.P. Brard. Aux termes de cet accord, cet élu irascible, grand pourfendeur de sectes, a décidé d'étendre au protestantisme de sa ville les aides municipales jusqu'alors réservées aux juifs et aux musulmans.En ontrepartie il a demandé aux évangéliques de se coordonner . Une coordination vient de naître à Montreuil en le 8 mars 2006, à l’initiative d’un ancien communiste qui avait demandé à me rencontrer le 16 septembre 2005 au Sénat. Je m’amuse !!
Comme quoi les voies du Seigneur sont vraiment impénétrables.
(Documents Expériences)
date: 2006-03-09 | rapporteur d'info: nicolas
Chrétiens en politique
Relations avec les médias
Actualités des églises
Pierre-Patrick Kaltenbach est une figure bien connue du protestantisme, personnalité de premier plan intervenant dans de nombreuses instances du pays comme dans les médias. Enarque, Conseiller-Maître honoraire à la Cour des Comptes, ancien président de l'Institut National des Etudes démographiques et de Fonds d'action sociale, actuel président des Associations Famiˇliales Protestantes, et membre du Conseil National consultatif des Droits de l'Homme, sa longue expérience, la diversité de ses resˇponsabilités et sphères d'intervention, ses connaissances multiples, font de lui un observateur et un analyste de la société française au regard particulièrement perspicace et autorisé. C'est avec les plus grandes disponibilité et gentillesse qu'il nous a accueillis à son domicile parisien pour de longs échanges et un riche entretien, dont nous publions ci-dessous l'essentiel.
Comment analyseriez-vous, à grands traits, l'évolution générale de la société française au cours des dernières décennies ?
<< Comme Shakespeare le fait dire à Hamlet, « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume... » depuis le début des années 80, mais sans en accuser un bord politique plus qu'un autre. C'est une génération entière qui est en cause : celle qui, arrivée aux affaires à cette époque-là, s'est paradoxalement baptisée «Génération Morale».
Il faut prendre en compte ce qui la distingue des autres : celle qui a subi l'invasion allemande de 1940, celle de la «Grande boucherie» de 14-18, celle de l'Affaire Dreyfus et des lois de 1901 et 1905...
De la guerre elle n'a rien connu, même pas celle d'Algérie. De la reconstruction, elle a connu le confort mais pas l'effort. Surtout, ses classes d'âge de 800 000 enfants ont remplacé sans transition celles de 600 000 et son poids relatif s'en est trouvé accru d'autant, notamment dans le champ médiatique.
Trente ans après son avènement, ce qui la caractérise, c'est une exigence cumulée et contradictoire de libertés et de sécurités, de garanties et d'autonomie, d'individualisation des choix et de collectivisation de leurs conséquences. Cette contradiction ne compte pas pour peu dans le relativisme moral, social et politique actuel qui justifie le refus de juger - car « tout se vaut » - le refus de nommer, de définir - car « définir, c'est stigmatiser, culpabiliser, exclure » - le refus de chiffrer et compter -car « compter, c'est mettre en examen une légitimité et le bien-fondé d'une action, son efficacité au regard de son coût, comme la représentativité de ceux qui la demandent, en décident et en profitent. » Surtout, le fait de chiffrer permet de demander des comptes c'est-à-dire de rendre responsable. Ce double discours «moral» de libérations et d'égalité produit les deux nouveautés de la période : «Le Droit à » et l'irresponsabilité.Ceci aide à comprendre comment et pourquoi le système éducatif, scolaire et surtout universitaire actuel, lâche sur le « marché de la vie » des êtres jeunes, intellectuellemen inaptest et moralement désamés.
Tout cela ne pouvait que mener vers l'incivisme, l'effondrement de la démocratie, notamment financière, le déficit et la dette, le désespoir de nombreux jeunes.
Le dévoiement des Instituˇtions mettant fin à la séparation des pouvoirs et des intérêts a permis au «Mal français» de s'aggraver en deux décennies. Au point que le rapport Camdessus évoque le risque de décrochage irrattrapable.
Il y a longtemps que notre pays n'avait connu une situation aussi navrante. C’est de fracture morale et politique qu'il faut parler et non de déclin. Des historiens pourraient en parler mieux que moi, mais je pense que la crise des années 30, ou celle qui a précédé la fin de l'Ancien Régime, comme le temps des Valois étaient un peu similaires dans l'effondrement de la morale politique, et l'affaissement des «élites». Un mois avant la révolution de 1848, Tocqueville écrivait : « Le plus sûr moyen pour des hommes de perdre le pouvoir, c'est de se montrer indignes de l'exercer. Quant à François I°, exaspéré et indigné par le conservatisme buté des universitaires de l’époque ( La Sorbonne !) il a crée le Collège de France pour permettre à des non mandarins et à des étrangers d’enseigner : c’était en 1536 !!, 470 ans !
Que pensez-vous de la laïcité à la française ?
Je considère que notre pays, outre sa culture, a contribué à l'universel en deux domaines : l'idée de nation, et l'idée de laïcité, même s'il ne les a pas appliquées de façon satisfaisante, surtout en matière de laïcité.
S'agissant de l'idée de nation, après la défaite de 1870 Renan écrit : « La nation est un plébiscite de tous les instants »...
La France est un pays où non seulement, comme l'a écrit Emmanuel Lévinas : « L'attachement aux formes culturelles semble équivaloir l'attachement à la terre », mais un pays dont les plus hautes valeurs éthiques ou spirituelles sont proposées à l'adhésion consciente de ses membres au lieu d'être enracinées dans leur inconscient collectif. Je crois que c'est même le mérite de la France que d'avoir proposé au monde une théorie élective de la nation, et non une théorie ethnique ou organique.
Et je crois que les fanatiques de l'identité culturelle ne procèdent pas autrement que des racistes, même si le déterminisme dans lequel ils enferment les individus n'est plus génétique, mais plutôt historique et traditionnel.( Ces deux paragraphes sont extraits de la communication que nous fit Alain Finkielkraut devant la Commission Marceau Long sur la Nationalité en 1986.)
Etre français, c'est donc vouloir l'être, c'est l'alliance contre l'appartenance. C'est l'un des problèmes des populations jeunes issues de l'immigration.
La laïcité ? Aux origines, et deux siècles durant, est ce flot de haines religieuses, de feu, de fer et de sang, né de la St Barthélemy en 1572 poursuivi après la Révocation de l'Edit de Nantes en 1685 et des Cévennes en Vendée, en 1790 avec la Constitution civile du clergé.
Les meilleurs des Français, et d'abord des catholiques sincères, ont réalisé qu'on ne pouvait pas imposer l'amour et la liberté à coups de sabre au nom du Christ. Et il a fallu deux siècles pour que l'idée perce l'épaisse carapace culturelle d'un peuple qui avait affirmé : « Un roi, une Foi, une Langue... ».Entre temps les massacres de Septembre comme la tuerie en Vendée ne furent pas dépourvus de tous liens avec la Saint Barthelemy.Il faut lire à ce sujet les travaux américains – donc neutres- sur les origines religieuses de la Révolution .
« Plus jamais cela ! Coupons le lien entre la religion catholique et l'Etat » C'est le sens de la loi de 1905. C'est le modèle américain de 1791 mais avec la hargne en prime. Surtout, il aurait fallu aller plus loin. Ne pas faire de ce progrès une arme de division, ne pas le cantonner à la seule question religieuse, mais au contraire imposer ce principe de séˇparation à tous les pouvoirs comme à quiconque se prévaut d'une quelconque transcendance pour en tirer des avantages sans contrôle. Tel est le modèle de laïcité politique des pays protestants. Nous en sommes restés à la laïcité religieuse et nos laïcards sont souvent plus cléricaux et sectaires que nos curés.
Le problème n’est-il pas, en France, que beaucoup ont de cette laïcité une conception «laïciste» ?
Sans doute, et en tout cas hargneuse, sectaire, quasi cléricale ! Et cela vient d'une vision hexagonale sommaire, inculte. Comment le reprocher aux Français quand on considère en ce domaine le niveau de réflexion de ce que l'on nomme un peu vite leurs élites, et ce qu'on leur enseigne à l'école ou qu'on leur dit à la télévision sur la religion !Ce climat explique pour partie le succés en librairie d’un Onfray
Voyez ce que l'on entend jusque dans nos églises, par exemeple, sur le thème de la «fraternité d'Abraham», sur l'air de «Nous sommes tous du Peuple du Livre»...
C'est une falsification dont les musulmans eux-mêmes ne veulent pas entendre parler : pour eux, le Coran n'est pas la Bible. Jacques Ellul l'a dit et redit.
Mais ceci étant, le discours réclamant que la foi soit cantonnée à la «sphère privée» est inepte. Qui pourrait empêcher la Bible de sortir des maisons, d'aller dans les rues, les marchés et les prisons ?
En revanche, nous devons repousser la tentation diabolique d'organiser le quartier ou la société, de contrôler la vie d'autrui, ou d'accepter que des religieux se mêlent de pouvoir, y compris en église. »
Les évangéliques (souvent appelés «évangélistes»...!) ont été récemment très attaqués, et le sont encore. Que pensez-vous de cette «campagne», notamment menée dans les médias? Où mène-t-elle, sur quoi peut-elle déboucher ?
Je viens de consacrer à cette campagne surréaliste un pamphlet intitulé : « La secte Bush à l'assaut de la seconde religion de France ». Les deux préjugés qu'évoque ce titre sont aussi ineptes l'un que l'autre, mais ils sont véhiculés par tous les médias !
Je partage sur ce point l'avis de Régis Debray : nous avons en France un énorme problème de médias, une «emprise», une concentration entre quelques mains et un conformisme extraordinaire, surtout à la TV. Dans les médias français, la parole libre et la controverse se font rares. La plus grande réforme en France, la plus urgente aussi serait d'inventer un contre-pouvoir aux médias. De ce point de vue le WEB est mieux qu'une promesse.
Face aux attaques médiatiques, les évangéliques ne doivent surtout pas tenter de répliquer sur un mode médiatique classique. C'est voué à l'échec. Il leur faut poursuivre leur route, forts de leur foi et de leur liˇberté, sans essayer de faire en sorte que les médias disent du bien d'eux. Puisse au contraire la Providence les vacciner contre l'obsession de visibilité, cette maladie de sépulcres blanchis, institutions vides.
Qu'ils communiquent eux-mêmes. Et surtout que leurs actions parlent. L'église n'a pas d'autre chemin pour retrouver une visibilité dévaluée par trop de concessions aux techniques de «com».
Sans sous-estimer les médiocres petitesses de certains sous-chefs de bureaux laïcards en matière d'agréments ou de subventions, il n'y a pas aujourd'hui de persécution. Ne prenons point la pose victimaire chère à ceux qui courent subvention, télévision et élection. Ou alors, demandons que la Saint-Barthélemy soit reconnue crime contre l'humanité !
En revanche, le phénomène «évangélique» comme celui de l'islam, en tant qu'événement nouveau dans l'histoire de notre pays, modifie son paysage religieux et suscite une incompréhension qu'il faut lever, par un débat public, ferme et fort, informé, raisonnable, cultivé, statistiquement fondé, avec une claire connaissance des effectifs humains et des grandeurs financières concernés.
L'on ne peut continuer à traiter des sujets aussi importants dans le désordre intellectuel qui prévaut depuis vingt ans. Médire des «évangéliques» est devenu une mode médiatique ; on se jette dessus pour se faire plaisir, avec tous les amalgames possiˇbles : La «secte Bush», l'impériaˇlisme américain, le sionisme, l'ultralibéralisme. Imbécillité de la part de ceux qui se prêtent à ce jeu ! Conformisme faussement passionné ! Rabâchage sans sources ni preuves véritables...». Nous allons donc engager nous même le travail de définition et de dénombrement, au sein des AFP, évangéliques et réformés ensemble en commençant par en bas.
Quel regard portez-nous sur le monde évangélique ?
Dans un «Monde désenchanté» (selon Marcel Gauchet), dans une France déchristianisée en mal de religion civile (selon Régis Debray et Jacques Julliard), ils risquent fort de créer la surprise. C’est l’opinion d’un Sébastien Fath et d’un Odon Vallet. En toute hypothèse, ils sont d'ores et déjà le réveil et l'avenir d'un mouvement associatif et familial dans les milieux issus de la Réforme. Au-delà du monde de la Réforme, ils vont sans doute peser lourd localement en termes de militantisme citoyen et social. Les élus locaux seront les premiers à s'en rendre compte si ce n'est déjà le cas. Et que personne ne parle de complot! Ils sont ingouvernables... Comme disait Burke, célèbre conservateur admonestant la Droite Anglaise fin XVIII° à propos des dissidents partis fonder l'Amérique en 1620 : Vous n’en viendrez jamais à bout !!ils sont les protestants du protestantisme !. »
Même s'il est difficile à appréhender de l'extérieur en raison de sa diversité, et de son développement récent et foisonnant (ils disent eux-mêmes que le décrire revient à manger son potage avec une fourchette), je pense qu'il est - à 20% près de ses effectifs - le pur héritier de la Réforme dont il incarne aujourd'hui le Réveil, tout comme en 1920 et 1830. Ceci se produit à chaque effondrement des églises officielles.
Je connaissais mal les évangéliques il y a seulement un an. La première Association Familiale Protestante évangélique date de 1997. Le véritable développement restera daté de 2004-2005. Et je reconnais qu'il est malaisé de comprendre qui est qui dans la diversité de leurs sensibilités et de leurs églises !
Entre les évangéliques déjà anciens en France, l'explosion des nouveaux depuis les années 70, les nouvelles églises ethniques (antillaises, asiatiques, etc.), la tradition du protestantisme européen et français, les pentecôtistes, les darbystes, les baptistes, les mennonites, les adventistes, la mission tzigane... le Français moyen, qui a perdu la foi mais qui est resté d'esprit catholique, s'y perd complètement.
Ce Français ne conçoit pas qu'il puisse exister quelque chose de bon en dehors du monopole : l'enseignant ne voit que par l'école unique ; le transport public ? monopole ; E.D.F ? monopole. C'est la traduction, dans l'organisation de la société d'une conviction française qu'il n'y a point de salut hors de Rome, hors de l'unité institutionnelle. C'est structurel et culturel. Son réflexe est de rejeter tout ce qui n'est pas monopolistique, surtout quand il a perdu toute culture, toute référence historique, toute connaissance des autres pays.
Il est donc difficile d'expliquer en France que la tradition du protestantisme est la diversité, le désordre apparent, que foisonnement et désordre sont dans l'essence et la logique de la Réforme qui vit de « réveils » successifs dans un climat d'internationalisme. Il y a beaucoup plus de protestants francophones hors de France qu’au sein de l’hexagone !
Ceci dit, il faut expliquer, mettre en place les dialogues, organiser les procédures qui permettront de savoir «qui est qui» et «qui fait quoi». Plus encore, il faut «pratiquer» localement, car on ne juge jamais l'arbre qu'à ses fruits.
Dans deux domaines tabous qui font actuellement problème, la Famille et la dépense publique au travers de l'Association subventionnée, les «évangéliques» semblent porteurs de valeurs et de forces qui répondent à de graves souffrances et contradictions de la société. Enfance, adolescence, éducation, décompositions familiales, solitudes, dépendance, effondrement de l'Etat Providence, corruption de l'idéal associatif, conformisme médiatique, etc.
Si cette prévision se révèle juste, les évangéliques, avec leurs priorités et leur démarche spécifiques , parce qu'ils répondront à une demande forte, vont rencontrer la société de demain, celle des nouvelles générations...
S. Fath ne croyait pas si bien dire en annonçant que les évangéliques vont peser sur les débats de société (le Monde du 23 décembre 2005).
Quelle évolution vous semble souhaitable dans la mentalité du peuple français et de ses gouvernants ? Et quelle prise de conscience serait nécessaire dans les médias, au sein du peuple, parmi les gouvernants ?
Je doute qu'une prise de conscience soit possible dans les médias : les Etats Généraux de 1789 ne pouvaient sortir de Versailles ni la Réforme du Vatican !...
C'est du Peuple militant, animé par des personnes qui veuillent bien «sortir de la tranchée», que peut venir le changement. Il faut que des chrétiens se saisissent de sujets déterminants parce que symboliques tels que l’homoparentalité ou la corruption associative, l'école ou les médias, autant de tabous, pour forcer la controverse, agir dans la vie de la cité, déranger les professionnels des institutions bloquées.
Surtout ne pas créer de partis politiques ni faire de la «politique» dans les églises. Il faut ville par ville, paroisse par paroisse, inventer des actes qui soient autant de grains de sable porteurs de signe au service de la gouvernance, de la transparence, de la participation, de la certification. Il ne faut pas faire «pour» les gens, à leur place... il faut les aider à «faire eux-mêmes». Soigner c'est bien ! Libérer c'est mieux !
La Réforme nous a donné une promesse de liberté et d'engagement - celle de la foi et de la grâce - qui nous rendent forts et heureux même face à cette situation sans issue apparente, qui va de séismes sociaux en séismes électoraux via l'incendie des banlieues.
Une modification de la législation vous paraît-elle nécessaire ?
Certainement pas. La meilleure façon de tuer une église, c'est de la payer à l'aveugle. Regardez le concordat «à fa française» en Alsace Moselle. De surcroît, j'estime impossible de financer le seul islam ; dans ce pays frénétiquement égalitaire, ce sera l'explosion. Résoudre les difficultés fiscales ? Oui ! Mettre le feu aux poudres ? Non ! C'est pourquoi je dis et répète que si l'on veut financer la construction de mosquées, il faut aussi financer celle de temples... Alors que je suis opposé à l'une comme à l'autre ! Mais cela ne m'a pas empêché de conclure un accord avec le député-maire de Montreuil, J.P. Brard. Aux termes de cet accord, cet élu irascible, grand pourfendeur de sectes, a décidé d'étendre au protestantisme de sa ville les aides municipales jusqu'alors réservées aux juifs et aux musulmans.En ontrepartie il a demandé aux évangéliques de se coordonner . Une coordination vient de naître à Montreuil en le 8 mars 2006, à l’initiative d’un ancien communiste qui avait demandé à me rencontrer le 16 septembre 2005 au Sénat. Je m’amuse !!
Comme quoi les voies du Seigneur sont vraiment impénétrables.
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