S'identifier - Contact

AFP - Fédération nationale
Le site des Associations familiales protestantes

Retour à la "famille-valeur"

UNAF ? Entre statu quo et rupture ? Assemblée Générale de Nantes Juin 2006

Assemblée générale de l’UNAF

Nantes.16/18 juin 2006

Rapport moral et projet institutionnel


Intervention des Associations Familiales Protestantes


Ce rapport moral qui constate le passé et ce projet institutionnel qui propose un avenir coïncident avec la fin d’une période de trente années comme avec un changement de génération et de paradigme. Pourtant aucun de ces deux documents ne tient véritablement compte des bouleversements auxquels va devoir faire face la nouvelle équipe dirigeante de l’UNAF.

NB Un nouveau président a été él. F.Fondard, issus de la CSF comme son prédecesseur Hubert Brin resté en fonction de 1996 à 2006. Avant lui R. Burnel avait présidé 20 ans de suite).

Ces bouleversements prévisibles ont une cause : les deux incohérences idéologiques et politiques majeures de la Génération Morale aux affaires depuis 1980. Ils ont pour conséquence le risque de perte de représentativité de l’UNAF par fuite du Peuple, des bénévoles et des jeunes familles.

+++

La première incohérence est idéologique et consiste à perpétuer en 2006 un discours familial relativiste déjà vieillot : « Tous les modèles se valent, mais les modernes sont meilleurs que le traditionnel ». Au fil des décennies, ce relativisme s’est fait totalitaire avec le modèle dominant « RFA : Ruquier, Fogiel, Ardisson, sans oublier la série TV : « Plus belle la vie ». Tout se vaut ; interdit d’en douter !

Or désormais pour 80% des français -dont les 50 jeunes sélectionnés par le Conseil Economique et Social pour célébrer la journée de la jeunesse en septembre prochain- la Famille est la première des valeurs. Voici pourquoi discours de l’UNAF devient inaudible.

Attribuer ce fiasco au seul pluralisme institutionnel imposé par la loi à l’UNAF ne suffit plus au moment où chacun réalise la corrélation entre souffrances individuelles, déchirures sociales et dislocations familiales. Sauf à perdre tout espoir d’attirer de nouvelles familles et de nouveaux bénévoles, les nouveaux dirigeants de l’UNAF vont donc devoir adapter le discours de l’institution à l’attente des nouvelles générations.

Pour l’institution, la question n’est plus d’être reconnue par des pouvoirs publics eux-mêmes en mal de crédibilité. Il y va à brève échéance de sa représentativité.

La seconde incohérence est politique. S’obstiner à vouloir fonder une société toujours plus solidaire sur l’explosion d’un égoïsme individuel insatiable par nature, prétendre retisser du tissus social tout en favorisant la déchirure du tissus familial conduisait inéluctablement à la professionnalisation de l’action familiale et à l’ incontrôlable explosion de la dépense publique.

Faute d’admettre cette évidence, les responsables ont choisi depuis trente ans la fuite en avant dans l’interventionnisme familial d’Etat. Institutions, prestations, professions, « associations aidées » se sont multipliées comme autant de prothèses sociales. Les groupes de travail de la Conférence Annuelle de la Famille réunissent désormais 180 professionnels pour 20 bénévoles. Le bilan est navrant. En témoigne le seul rappel des rubriques : mono-parentalité et précarité, protection de l’enfance, système éducatif, adolescence, canicule, tutelles aux majeurs, judiciarisation, banlieues.

Mais plus les professionnels se mêlaient de tout, plus la Famille se concentrait sur son « corps de métier » : l’affectif, les relations durables, la transmission, l’éducation, l’entraide entre générations, la gratuité, le partage, la chaleur. S’explique ainsi l’actuel retour en grâce et en force de la famille, retour justifiant le thême de « La Famille contre les pouvoirs » y compris celui de travailleurs sociaux associatifs auto proclamés représentants de la société civile. Pour citer Paul Yonnet (« Le Recul de la mort. L’avènement de l’individu » Gallimard 2006,) la famille a cessé d‘être cellule de base de la société pour devenir cellule de base l’individu. Et c’est sur ce terreau inattendu que paradoxalement fleurira demain le nouveau bénévolat associatif familial. Le réveil familial évangélique en témoigne depuis dix ans au sein des AFP.

Pour la nouvelle équipe dirigeante de l’UNAF, la reconquête de la représentativité et de la participation militante ne passe donc pas par la recherche d’alliances avec d’autres appareils sans troupes autres que salariées. Elle passe par la réaffirmation de la Famille comme valeur, la préférence pour le bénévolat comme critère d’authenticité associative, enfin le recours à la certification comme gage d’efficacité, d’efficience, de transparence et de bonne gouvernance de l’institution et de ses composantes. Les travaux programmés par le Conseil Economique et social à la suite des rapports Haddas Lebel et Chertier sont révélateurs de ces interrogations nouvelles en matière de représentativité et de démocratie sociale. Le cas contraire l’UNAF ira rejoindre ces partis politiques sans militants, ces syndicats sans salariés du privé, ces églises officielles sans fidèles et ces grandes associations sans bénévoles.

Pour ce qui les concerne, les AFP viennent de signer un contrat avec l’AFNOR en vue d’instituer un label associatif d’ici la fin de l’année.

dans Famille - Version imprimable
Article précédent - Commenter - Article suivant -